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Carnet de bord Coriolis 14

 Carnet de bord Coriolis 14
Chapitre 1: autoportrait de Coriolis

tous les autres récits en ligne sur
www.expeditioncoriolis.org


AUTOPORTRAIT

Mon nom est CORIOLIS14.
Mais j’ai  été baptisé SUMMER SAMBA.
Ce nom annonçait mon destin actuel. Les bateaux ont, eux aussi, un destin. Et parfois plusieurs vies.
J’ai toujours été satisfait de mon sort, mais il m’est arrivé, dans la solitude du brouillard, de la bruine et de la brume, de rêver au destin de bateaux, célèbres au service des découvertes. Les bateaux ont aussi, parfois, des modèles, des idoles.
Moi, je rêvais secrètement d’un destin comme le « Victoria » avec lequel Magellan fit le premier tour du monde d’Est en Ouest, de le « HMS Beagle » sur lequel avait voyagé Darwin, du « Sviatoi Gavriil » (Saint-Gabriel) qui permit à Vitus BERING de découvrir le passage entre l’Amérique et la Russie, la « Boudeuse » de Bougainville qui découvrit Clipperton, et même le « Nautilus » de Jules Verne qui a ouvert les portes de l'imaginaire des océans. Des bateaux destinés à faire partager leur compréhension de la mer et des terres qui en émergent.
J’ai porté fièrement ce nom de « Summer Samba » dès ma construction en 1992 au chantier Mauro Stefini en Italie. Ma vocation était de faire de moi un navire de plaisance pour visiter la Méditerranée et particulièrement les iles grecques… la maestro grec de Nana Mouskouri m’avait voulu superbe.
J’ai conservé ce nom sous la vie du second propriétaire, Monsieur Gérard Robeau,  avec qui j’ai passé de longues années au port de Sète pour y recevoir ses amis.
Et puis le grand virage. En mars 2011, j’ai été choisi pour accomplir le premier tour du monde à la voile par les DEUX pôles. J’allais servir à la compréhension de la mer par la science, et le respect de l’écologie par la passion de mon nouveau maitre pour la communication hors-médias en grand format, pour constater et expliquer les effets du réchauffement climatique.
Cette nouvelle vocation allait m’amener à sillonner les mers australes et boréales, faire quatorze escales en rapport avec les craintes liées au réchauffement, rencontrer des scientifiques mais aussi des citoyens du monde, et même des enfants pour toutes sortes de missions de mediation.
Mais avant il a fallu me mettre à la mode. Mes équipements dataient de vingt ans. On m’a offert un chapelet de matériel électronique tout neuf, le gréement dormant a été inspecté et partiellement remplacé, le gréement courant et ses voiles totalement changé, mes moteurs ont été vérifiés, et ma cuisine mise à la française. J’étais prêt pour la nouvelle aventure.
En 2010, j’ai quitté Port Camargue et nous avons franchi le Détroit de Gibraltar, je découvrais  l’océan et sa houle lancinante sur laquelle j’ai pris beaucoup de plaisir à atteindre pour la première fois quatorze nœuds.
Pour porter mon nouveau nom et pour conjurer le sort, mon nouveau propriétaire coupa le macoui au Pessac Leognan 2011 au large de Bordeaux.
Pendant que vous regardez ma photo, laissez-moi vous entretenir de mon nouveau nom dont je suis si fier : CORIOLIS 14.
Coriolis est le nom du mathématicien qui a démontré la force de Coriolis, force qui s’oppose à chacun des DEUX pôles.
Quatorze, c’est le chiffre du carbone qui permet de dater l’histoire, aujourd’hui je contacte et prends date.
Quand on sillonne les mers du monde, surtout les plus extrêmes, il faut un confort qui assure une qualité de vie minimum. L’intérieur est en bois pour réchauffer les isolements, les solitudes et les inquiétudes ou pour se réjouir des réussites.
Je vous invite à bord.
Mon pont avant s’encombre de nos guindeaux à deux ancres, et de notre annexe à fond aluminium, mue par un hors moteurs quatre strokes de 20 chevaux. Sous le regard puissant de mes deux mâts égaux, reliés par le marocain.
Je suis une goélette à deux mâts. Et j’arbore 280 mètres carrés de toile pour mes quatre voiles : à la proue le génois, suivi de la trinquette, puis de la misaine et enfin la grand-voile à la poupe. Cette partition des voiles, toutes équipées d’étais à enrouleur et de ris pour la grand-voile, permet à mon capitaine de toujours trouver la surface idéale de toile qui optimisera mon centre de poussée vélique. Ce n’est pas pour me vanter, mais malgré  mon fort tonnage je peux attendre 10 nœuds de moyenne dans de bonnes conditions de vent et de mer.
Au centre sur le pont le cockpit est protégé par un bimini en toile rabattable fort protecteur. Nous y passerons les plus longues heures à surveiller la mer, la route, régler les voiles, discuter, y prendre les repas, écouter de la musique, lire ou jouer de la guitare.
A l’arrière un large et long pont bordé de banquettes, bel espace spacieux pour vivre nos concerts en plein air, rêver sous les étoiles, prendre des bains de soleil, surveiller la ligne de traine ou accéder au coqueron qui détient nos réserves, et notre matériel de plongée.
Six marches nous permettent de descendre dans le carré. Immédiatement à droite l’espace table à carte et engins de navigation, le reste un bel espace de 40 m2 avec banquette en cuir gris clair et trois tables rondes, dont une basse.
Vers l’avant l’espace cuisine et buanderie, avec frigidaire, machine à laver, cuisinière à 4 feux, four, micro-onde, et tout ce qu’il faut pour bien cuisiner, la table est un moment de partage important pour mon nouveau propriétaire.
Ensuite six cabines toutes équipées de WC et douche indépendants.
Et puis dans mes entrailles, outre les kilomètres de fils, de gaines, de tuyaux, de pompes, j’ai mes deux puissants moteurs Perkins de 114 CV chacun ronronnant pour nos entrées et sorties de port, un groupe électrogène et son parc de batteries à gel, nos cuves d’eau douce 3.200 litres, de fuel 2.500 litres, et enfin pour être tout à fait écologique mes deux cuves à eaux grises et à eaux noires.

Je chéris ma vie en CORIOLIS 14.
J’ai tiré un trait sur mes vies antérieures.
Parmi mes souvenirs marquants : le premier franchissement de Gibraltar et la découverte de l’océan, puis le PNO (Passage du Nord-Ouest), l’escale à Clipperton, et enfin le mythique Cap Horn.
Je ne sais pas ce que me réserve Daniel Boulogne dans l’avenir, mais je souhaite ne jamais être dépouillé de mon rôle de transporteur de craintes et de rêves de tous les écologistes d’une planète bleue comme ma coque et les bordures de mes voiles.



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